Un des prix de la liberté
Un matin de novembre en allant au travail , en passant sur le pont de R... mon attention fut attirée par un grand déploiement de force de police autour d'une partie de la rive du canal du R... au R... En passant le premier barrage je me rendis compte qu'il encerclaient un terrain de camping sauvage situé entre la voie ferrée et le canal . La, les occupants de ces caravanes etaient rassemblés au milieu d'un terrain vague délimité par leur habitations mobiles .Le chef de police habilité à interroger ces gens , dans une position droite et hautaine , vociférait à l'encontre d'une personne qui semblait être le chef des caravaniers. Il devait parler fort car dans ma voiture et situé à une cinquantaine de mètres je distinguais parfaitement ses propos:
"VOUS N'AVEZ PAS LE DROIT DE VOUS INSTALLER ICI !..... " "...PAR ARËTE MUNICIPAL IL EST STRICTEMENT INTERDIT DE CAMPER SUR DES TERRAINS NON AUTORISES!....ET IL M'AUTORISE A VOUS FAIRE DECANPER FISSA , ET JE M'AUTORISE A AUTORISER A MES SUBORDONNES DE VOUS FAIRE DEGAGER PAR LA FORCE SI VOUS N'OBTEMPEREZ PAS DANS LES MINUTES QUI SUIVENT!...."etc. etc.
Les petits enfants s'accrochaient aux robes de leur mamans , quand aux jeunes et adolescents , je me demande quelles pensées devaient traverser leur esprit "rejettés.. maudits de tous.... la faim... la grisaille quotidienne... le viol pour les filles... la prostitution pour tous... la mendicité... les larcins... l'alcool et la drogue pour oublier... malades et pas de médecins... toujours à la recherche d'un ailleurs que l'on espere meilleur mais d'ont on sait à l'intérieur de soi qu'il ne sera plus sûrement que pire, lutte au quotidien pour trouver à manger les restes que rejette la grande aglomeration forçemment plus riche qu'eux, eux les intouchables , placés dans la hierarchie sociale plus bas que les mendiants ,juste au dessus des chiens errants puisques n'étants que des etrangers et, de plus, à la peau sombre . Puisque chassés d'ici aujourd'hui il devront s'habituer ailleurs demain et evidemment subir de nouveau les mêmes rejets d'une autre population sédentaire pas forçemment meilleure pour eux, avec pour seul avantage de trouver d'autres bacs de fleurs à couper et essayer de les vendre à un improbable client au feu rouge d'un carrefour . Au carrefour A.. à un pied déformé et il claudique, à chaque fois que le feu est au rouge, d'une voiture à l'aurtre, pour quémander un peu d'argent. L'expérience lui a appris que les gens préfèrent lui donner une cigarette s'il la demande . Avec beaucoups de patience il reconstitue un paquet, qu'il vendra ou echangera avec quelq'un de sa communauté. Se placer là et voir défiler les gens, les regards qui se croisent , intimidation depuis longtemps maîtrisée par lui ,gene effacée de ses neurones : c'est une question de survie. Ce n'est pas le cas des automobilistes qui pestent et se demandent que fait la police , la muicipalité , l'etat , pour les débarasser des technico commerciaux itinerants de la misère, les representants de leur mauvaise conscience.
Vileno Antoine
PS : Ou bien Emile Zola etait loin de la verité en son temps, ou bien la condition sociale s'est encore fortement dégradéee depuis dans nos pays .
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