Mercredi, 9. Mai 2007 - 09:31 Heure Corde à tagada tsoin-tsoin
de jean-claude Valentini
Qui n'aime pas la France, ouvrons la trappe au vécu, vers quelle communauté plus accueillante peut-il se tourner? AUCUNE. S'il y a toujours une langue pour y penser plus fort que d'autres, toutes en vérité désirent être aimées d'un amour inconditionnel. Leur lot imprenable! Autant dire impensable. D'abord devant lui toujours déjà tendu comme une corde à délivrer, décidément cette chute des corps est une marotte, la vie tremble comme un livre lu au brasier.
Ce lot, sa loi, est comme un coup de tonnerre aux sons très purs. Réservés, en fait, à une oreille atonale qu'aucune bouche humaine ne peut atteindre ni a fortiori émouvoir. Du temps perdu que cette loi pourtant tolère. Sinon quel bachibouzouk, quel idiot monumental, moi en l'occurence, en rédigerait le catalogue forgé en pensée inexprimable. Je suis comme un nègre enraciné, blanchi dans les charniers du monde encore non éteints dont les yeux roulent, agathes ou notes, à faire peur.
Agathes ou notes! Mais voilà assez de signes pour que, si suspendu au nuage de consonance, je sois jugé capable d'intégrer au final toutes ces chères communautés. Les unes, torrents descendus, l'oiseau-roc est premier, des montagnes. Les autres, fleuves, essaimant villes et bosquets sur les plaines alluviales. Il n'y a pas plus classique qu'un nègre. Vivante antinomie, son corps est un signe. Moi aussi, âme sensible, je tire la vérité du ventre des femmes: Eve, Hélène, Marie, pardon aux autres, Esther et Fatima, etc. Les nommer toutes reviendrait à pécher par abstraction.
Des communautés, elles sont, je le sais, les rayons impossibles à effleurer autrement que par la voix du rossignol ultramontain. Comme elles sont pareillement les colonnes du temple où loge ce qui est mais n'a de nom qu'articulé en choeur. Et bien d'autres choses encore qui enflamment l'imagination la plus orageuse. Non! Peuples! Ne me remerciez pas avant d'obtenir tout votre dû, déduit de tous les crimes. Soyez sans crainte! Votre débiteur le plus borné les prend à son compte. Mon coeur de toute façon est un abîme à piétiner. Allez! Allez-y de bon coeur! Comme on va à l'hôtel avec ardeur.
Les situés plus hauts savent de quoi il retourne sur les parvis qui contemplent à toute heure les crêtes, l'horizon, la lumière! Cet habit de fête, tous les précieux instruments qui émerveillent les lèvres, le vase qui déborde de gratitude, taratata! n'est pas pour moi. C'est qu'au bout du compte, je suis l'Ennemi, la lèpre, mousse qui croît, l'immonde prolétaire statistiquement tentaculaire. La potence jadis me donnait une âme, des ailes. Lors les communautés rassérénées chantaient des je t'aime, écho aux sons purs de la loi. Nul autre que l'écho-là au lieu de l'ouverture.
Qui n'aime pas, de la trappe, tirons le résultat, la terre doit s'ouvrir sous ses pieds dit le livre lu au brasier. Cette patrie chantée, je ne m'en connais aucune autre, c'est la mienne. Elle n'a de secret pour personne et accueille tout le monde sans exception, please! Seuls ceux qui en parlent très haut et fort en font un mystère. Chut! La France! Et nous poussières blanchies au-dessus des meubles qu'un soleil soulève. Dans ce bel et vieil asile et grand, un chouette corps à corps! Pauvre Lévy-Strauss « qui n'aime pas ce monde », quel monde, le très haut parleur l'invitera à rejoindre, le meilleur?
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