Pauline Cutting (3)
(une histoire mal arrêtée) de jean-claude Valentini
Ce matin, comme tous les matins, autre matin, encore une vieillerie indiscutable, à peine chu, debout, du lit, donc à peine suis-je levé, l'éveil est toujours l'occasion d'un rétablissement moral des sens, je m'avise que je n'ai peut-être pas commencé cette histoire, si c'en est une, par le bon bout. Il y a pire. Je me demande, une fois la morale (ou communication) rétablie, fatalement, on dialogue, si, avec les deux morceaux déjà livrés, et je commence à regretter cette qu'on appelera précipitation, je n'ai déjà, comme je le pense à présent, par un geste irréfléchi, tout embrouillé. Cette Pauline Cutting, me l'a présentée qui? Un type dont le nom, de surcroît, il s'en vante, mieux même le revendique, ne dit rien non plus à personne, en tout cas, à pas grand-monde, moi, entre autre. Ce type, de son côté, connaît, d'ailleurs il ne manque pas, en long et en large, de le faire savoir, d'autres types, dont la Cutting justement. Mais elle, jusqu'à plus ample information, en tant qu'inconnue jugée, par moi ou, autre possibilité, tout autre, célèbre, sans, c'est à relever, ce parfum d'autorité qui, a priori, émane des grands noms. Ceux-là, avec le temps, semblent en dire plus long, et assez long pour entretenir une relation durable avec l'espace spatial dans lequel tout le monde s'endurcit. Et fatalement rendant dur, ce dur rend dalle. Etre inconnu, comme déjà dit, et célèbre, je persiste, n'ont absolument rien d'incompatible. C'est une vérité aussi vieille que 14, l'équivalent d'une Hérodiade, qu'un mort, de son vivant, d'autorité nulle, peut en cacher des millions d'autres. Vaste mobilisation de matériel et même capital mouvement pour qui veut aborder la question du nom qui ne dit rien mais kekchose. A ce propos, me revient une visite quasi incognito dans un cimetière, certes d'une dimension plus modeste, que deux noms se partageaient les Valentini et les Alessandrini. Il y en avait donc là, couchées, au moins sur le marbre, piteuse morale, des dizaines et des dizaines sous un nom que je connais, comme un chemin qu'on emprunte, sans savoir, au départ, qu'il ne mène nulle part, et forcément dit kekchose à très peu. Le genre, tout de suite l'exagération, et après on s'étonne du qui gueule « nique tes morts! », le genre, comme j'étais en train de dire, d'expérience non expérimentale, mais, dit-on, fondatrice, qui amplifie, à qui la chose échappe, le sentiment de sa propre nature. Son propre manque, serait plus exact et conforme. Il est donc un lieu austère, autant que s'efforce de l'être une bibliothèque, où les Valentini se suivent et même se côtoient, me disais-je, sans pouvoir me faire, le moins du monde, une image semblable à cette image ou suite, in secoula, secoulabonne, en latin laryngé des cuisines. Tandis qu'au dehors, comme tous les matins, autre jour et dedans moi.
(à suivre)
Mardi, 6. Mars 2007 - 07:21 Heure
|
 |
 |