Pauline Cutting (1)
(une histoire mal arrêtée) de jean-claude Valentini
Sauf homographie ou homonymie, Pauline Cutting ne dira probablement rien à personne. A presque personne, parce que l'impossible reste invérifiable. Le vérifier n'est, sans ipso facto le ramener du côté du possible, guère possible. Cependant, ce fait de langue n'empêche pas, et même au contraire, pousse la langue française à s'en accommoder, de façon plutôt cavalière. Quelqu'un, moi, par exemple, dira que non! Je n'ai pas l'honneur de connaître cette « célèbre inconnue »! A l'évidence, deux mots frottés l'un contre l'autre, qu'on s'y applique ou non, produisent cet effet qu'on obtient, indépendamment de toute sensation, du surréel. Une laque d'abstraction vient rafraîchir le sentiment en nous de l'existence. C'est un truc vieux comme Hérode qui marchera toujours, sinon le public n'aurait plus le goût du tour de magie. On a donc tort de condamner quoi que ce soit, par principe, sous prétexte d'abstraction, cette dernière ridiculement érigée, au bout du compte, en chose. Et ce tour abstrait des choses apparemment égarées ou rangées dans des amas neuronaux, le mot de poésie lui va comme un gant puisque point de duel, sans retour de sentiment. Personne, en effet, n'échappe au petit jeu très ancien des antinomies. Le nier serait irénique ou être possédé, c'est à-dire s'imaginer incarner une idée fixe, jusqu'à prétendre savourer les mots au sens propre. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour s'assurer de la présence de l'être aimé? Etre aimé soi, tout le monde l'aura compris. Après ce morceau d'anthologie quasi philosophique, Pauline Cutting qui l'a suscité, effet forcément rétroactif, se justifie ainsi d'être surnommée la « célèbre inconnue ». Cette façon d'en parler, on peut l'entendre comme une raillerie, mais aussi, en decà, comme une invitation à aller plus avant, à chercher, à fouiller, à creuser, bref à mener une investigation. Avant de tirer des plans sur la comète, un travail (admettons!) de simple police, s'impose. C'est, en tout cas, comme ça, par le possible, qu'on procède quand on s'inspire de la simple raison. Ce morceau qui lui est manifestement dédié, outre son nom qui ne dit rien à personne ou presque, n'est pas, ça tombe sous le sens, une partie d'elle ou a fortiori, elle. Excepté son nom, si le hasard a voulu qu'il vienne sous les yeux, comme c'est, pour moi, le cas, présentement, rien, finalement, ne justifie qu'on s'attarde sur elle. A la rigueur, on peut dire, et encore, que le morceau en question serait synonyme du nom qui dit rien à presque personne. Et tel serait le cas s'il se trouvait un nom accolé à un ou plusieurs morceaux, synonymes de lui-même. Et tel est le cas d'Eve, un nom qui dit kekchose à tout le monde, au moins vaguement.
(à suivre) Mercredi, 28. Fevrier 2007 - 21:05 Heure
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