A contretemps du corbillard des Corbières

de jean-claude Valentini



Il y a des rues qui sentent le chocolat, et d'autres, le pain d'épices. Joies et peines, la vie, comme elle vient. La colère et le soleil y ont une vie commune. On y défile plusieurs fois par jour, et non, une fois par an, pour compter les dividendes. Ces rues pleines de grâce, sont comme le matin du monde. Même Salomon, entre Marie et Vénus, n'arrive pas à établir une distinction. Voilà pourquoi, l'homme en lui, peut être dit roi. Cette aube industrielle n'est pas du goût des voyous: trop abstraite! Ils y flairent quelque chose louche. Comme un mélange inadmissible, air connu, de public et de privé. De la prostitution, selon eux, qui circulent énormément entre New-York et Tokyo. Ce matin du monde, las! s'y associe une nuit matérielle. Sans quoi la Création serait réduite à néant. Plus de manadjeurs, et plus de prolétaires. Ni de sirènes antitotalitaires, ni de plaques de bienfaiteurs. Aucun clairon éthique pour gueuler: allez les morts, on bronze! Encore moins de cyclistes, en pantalons à pinces écclésiastiques. On ne verrait pas non plus l'Apocalypse se ruait sur l'équinoxe, et alors, on raterait la Solidarité totale, l'image barbelée de vers luisants: quel serait ainsi désorienté notre Ennui! Par bonheur, pour les voyous à bérets dorés alpins, le soleil à présent ne se couche plus jamais. Marie leur sert de godmiché général, qui purifie tout ce qu'il touche. A quoi bon Salomon! On a des clones à profusion. Le monde est en odeur de sainteté. La Liberté triomphe en mars. Ce que les voyous estiment dans les sciences administratives, c'est leur côté farce. L'homme dépouillé y est simultanément bourré de bonnes intentions: équilibre et harmonie. Vénus, depuis, est seule sous son abribus, encore plus plate et glacée qu'un mannequin. Un poète, à ses côtés, est assis, qui pleure en silence. Cinq minutes de concupiscence pour une éternité de réminiscence, il a mangé son biscuit. Est-ce ainsi encore que les hommes vivent? Et comment ramener à la vie les rues qui sentent le chocolat ou le pain d'épices? En joignant à nouveau colère et soleil. C'est le seul genre érotique. Il met en mouvement et le public et le privé.

Mercredi, 21. Fevrier 2007 - 11:12 Heure